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Outre le fait qu’il a été l’unique
gouverneur communiste de
l’histoire d’Almeria et un des principaux responsables politiques
de la construction des refuges de la guerre civile, le personnage de Vicente
Talens Ingla n’a pas été suffisamment étudié
ni revalorisé.
« Il été une personne honnête, un peu atypique
dans le contexte de la guerre civile » explique Antonio Ramirez
Navarro, journaliste, professeur
d’histoire de l’IES Alboran et coordinateur de l’évènement
qui a rendu hommage à ce personnage, organisé grâce
à l’IEA.
Le mandat de Talens Ingla s’est étendu de juillet 1937 à
avril 1938, « et il est bon que nous nous en rappelions, parce qu’avec
lui, de plus, il y a une caractéristique importante : il a signé
beaucoup de laisser-passer pour sauver des personnes de l’autre
bord, et il a aidé beaucoup de personnes
qui, à ce moment, étaient emprisonnées, à
sauver leur vie » ajoute Ramirez. « C’est quelque chose
qui, malheureusement, n’était pas fréquent durant
la guerre civile. Et bien que, pour son jugement, il y ait eu plus de
dix témoignages qui accréditèrent qu’il leur
avait sauvé la vie, il a été fusillé le 28
juin 1940 à Paterna.
En juin 2010, nous célèbrerons l’anniversaire des
70 ans de sa mort. »
Ses restes sont dans une fosse commune, à Valencia, mais Pauline
a opté pour ne pas réclamer son exhumation. « Je suis
un peu de philosophie orientale, et je considère que ce
qui est intéressant est ce que les personnes étaient et
ont fait de leur vivant. », dit-elle. « Ce qui est sûr,
c’est que je conserve des lettres que mon père a envoyées
de la prison Modela de Valencia, où il était retenu, et
dans lesquelles il écrivait à ma mère qui se trouvait
dans le camp de concentration de Rieucros. Dans une qu’il a écrite
le jour avant d’être
fusillé, il lui disait que lui n’aurait pas de problème,
parce que son cas était juste une chose politique et qu’il
avait aidé beaucoup de gens… »
Aujourd’hui, à midi, Pauline Talens-Péri visitera
les refuges que son père, dans ces funestes années
de conflits et de bombardement, ordonna de
construire dans le centre d’Almeria .
(traduction Xélia Tacchella)
Voir
le texte en espagnol
en cliquant ici
Devise d'Almeria:
* MUY NOBLE, MUY LEAL Y DECIDIDA POR LA LIBERTAD,
CIUDAD DE ALMERÍA.
Très noble, très loyale et amie de la
Liberté, ville d'Almería. |
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Gabriel Péri est un homme politique français
(Toulon, 9 février 1902 — Paris, 15 décembre 1941).
Journaliste de profession, il a été membre du Comité
central du Parti communiste français, rédacteur du service
politique étrangère de l'Humanité et député
de Seine-et-Oise. Résistant, il a été arrêté
puis fusillé par les Allemands, au Mont-Valérien.
Né le 9 février 1902 à Toulon dans une famille
d'origine corse, d’un père directeur des services techniques
des docks de Marseille de sensibilité socialiste et d’une
mère très pieuse qui se consacre à élever
ses deux enfants. Élève brillant, le jeune Gabriel suit
sa scolarité au lycée Périer de Marseille puis
au Lycée Thiers où il obtient de nombreux prix. D’une
solide formation classique, il prépare le concours d’entrée
à l’École normale supérieure mais des problèmes
familiaux l’empêcheront d’aller plus loin.
L’engagement de Péri en politique est très précoce.
Il adhère aux Jeunesses socialistes en 1917 alors qu’il
a seulement quinze ans. Trois ans plus tard, il adhère à
la IIIe internationale communiste et devient le secrétaire
régional des Jeunesses communistes. C’est moins d’un
an plus tard, lors du premier congrès national de la Section
française de l'internationale communiste que Péri, au
nom des Jeunesses communistes, est remarqué par la direction
du jeune PCF. Il est alors littéralement aspiré par
la direction du PCF, qui le charge, à vingt ans, de la Fédération
nationale des JC, et le nomme responsable de son journal, l'Avant-garde.
En tant que délégué au congrès international
de la jeunesse communiste, il fait son premier voyage à Moscou
en 1922.
Après deux années en province, il s’installe à
Paris en novembre 1924 et prend en charge la rubrique internationale
du quotidien communiste l'Humanité, fonction qu'il exerce sans
discontinuité jusqu'au 25 août 1939. Durant cette période,
il s’avère comme un virulent opposant aux régimes
fasciste et nazi. Candidat du PCF aux élections législatives
de 1932, il est élu député de la 1er circonscription
de Versailles (Argenteuil). Gabriel Péri prit la défense
du pédagogue et militant communiste Célestin Freinet,
alors au cœur d'une polémique nationale violente, à
l'Assemblée nationale, puis en audience auprès du ministre
de l'Éducation Anatole de Monzie. Il ne put pourtant empêcher
le déplacement d'office de Freinet. Maurice Wullens, présent
lors de cet entretien, en a fait le récit dans la revue «
Les Humbles ».
Comme bon nombre de parlementaires communistes, Péri est surpris
par l’annonce du pacte germano-soviétique, le 23 août
1939. D’après les témoignages recueillis par l’historien
Guillaume Bourgeois : « Gabriel Péri fut très
affecté par la signature du pacte ». Profondément
confiant dans la politique soviétique, mais aussi farouchement
antifasciste depuis des années, il eut, plus que tout autre
l’impression de se retrouver tout à coup au centre d’un
conflit insurmontable. Par esprit d’abnégation, et en
pariant qu’il avait fait de toutes façons le bon choix,
il se refuse à se désolidariser du PCF, en supposant
qu’il ait même envisagé cette solution. Toujours
d’après les recherches menées par Guillaume Bourgeois
: « Péri s’enferme dans un certain mutisme bien
qu’il ait choisi de continuer à militer ».
Ses choix sont plus clairs fin septembre 1939, lorsqu’il demande
à être incorporé, malgré une grave atteinte
pulmonaire qui l’avait fait réformer en 1922. C’est
en attendant sa mobilisation, qui est acceptée, qu’il
prend connaissance de la lettre adressée le 1er octobre 1939
par le groupe parlementaire communiste reconstitué, au président
de la chambre, Édouard Herriot ; cette lettre, suivant la nouvelle
politique soviétique demandait que des offres de paix soient
faites à Hitler. Si, d’après Guillaume Bourgeois,
« Péri ne manifeste sans doute pas de désaccord
avec son contenu », Amilcare Rossi donne une tout autre version.
En effet, il signale que Péri aurait protesté avec véhémence
en déclarant : « Nous fournissons au gouvernement un
excellent prétexte pour nous envoyer au poteau de Vincennes
». La missive, écrite par Jacques Duclos et Florimond
Bonte, rompt son engagement et ses choix patriotiques, alors qu’au
même moment, la direction du PCF a depuis des semaines rompu
la ligne antifasciste, pour lancer la lutte contre la guerre qui renvoie
dos-à-dos « les capitalistes anglais et français,
et le fascisme allemand ».
Sans nul doute Péri, même s’il demeure fidèle
au PCF, éprouve des difficultés à accepter cette
nouvelle ligne politique qui heurte ses convictions antifascistes
et patriotiques. Son indépendance d’esprit ne manque
pas de susciter certaines inquiétudes pour les caciques du
Komintern. C’est ce que remarque Roger Bourderon dans une missive
adressée de Moscou par André Marty, le 20 janvier 1940
: « Il faut écarter Péri du poste confié/
rédaction des documents/ à cause de tout son passé/journalistique/,
son appui aux éléments trotskistes dans la région
frontière des Pyrénées-Orientales/Catalogne française
». Ce télégramme vindicatif et policier n’a
semble-t-il pas modifié les rapports entre la direction clandestine
du PCF et Péri.
Ainsi, durant toute la drôle de guerre, il est l’un des
cadres de l’équipe chargée de la rédaction
de l'Humanité clandestine. Péri est d’ailleurs
l’un des rares dirigeants du PCF clandestin à demeurer
dans la capitale au moment même où la Wehrmacht défile
sous l’Arc de Triomphe et que l’équipe Benoît
Frachon-Arthur Dallidet a suivi l’exode des parisiens. Lorsque
Maurice Tréand, le responsable de la commission des cadres
du parti, est de retour avec Jacques Duclos le 15 juin 1940, Péri
s’oppose avec virulence aux tentatives légalistes des
deux hommes. Il n’a, semble-t-il, pas perdu son attachement
à la ligne antifasciste des années de Front populaire.
Il est en constant désaccord avec Tréand qui transmet
des télégrammes négatifs à son encontre
à Moscou.
Replié dans un appartement du 19e arrondissement, il poursuit
la publication d’articles dans l’Humanité clandestine.
Il loge plus tard chez un militant, André Chaintron. C’est
là qu’il entreprend l’écriture d’un
fascicule intitulé Non le nazisme, ce n’est pas le socialisme
!, qui sera publié en mars 1942.
Deux mois plus tard, le 18 mai, Péri est arrêté
« dans des circonstances qui demeurent mystérieuses »
affirme Guillaume Bourgeois. En effet, dans l’ouvrage collectif
Histoire du Parti communiste français, il est signalé
que « Péri fut dénoncé par Hermann Bertelé,
dit « Armand », adjoint du responsable aux cadres choisi
par Duclos, Maurice Tréand, celui qui avait organisé
les démarches auprès du Führer occupant, pour la
reparution de L’Humanité avec imprimatur nazi ».
En fait, le dénommé Armand est Edmond Foeglin, adjoint
de Maurice Tréand à la commission des cadres depuis
1938 où il gère les « listes noires » du
PCF. Il semblerait être l’initiateur du déménagement
de Péri à la porte de la Villette, chez André
Chaintron. Ce déménagement, chez un militant communiste
connu des services de police et frère de Jean Chaintron, chef
communiste de la zone sud déjà arrêté et
condamné à mort, est une « grave faute »
au regard des mesures visant à la sécurité de
Péri. Ainsi, assurant une partie des liaisons depuis la mise
au placard de Tréand à l’automne 1941, Foeglin
qui connaît la plupart des adresses des cadres communistes parisiens,
est arrêté alors qu’il se rend chez Jean Catelas
qui venait d’être dénoncé. « Foeglin
aurait alors proposé au commissaire de police d'échanger
sa libération contre des informations concernant le fonctionnement
clandestin du Parti communiste et la planque d'un de ses dirigeants
: Gabriel Péri », signale la biographie du Dictionnaire
biographique du mouvement ouvrier français.
Le rapport des renseignements généraux confirme quelques
éléments : « Gabriel Péri est arrêté
à la porte de Champerret, probablement dénoncé
par un camarade. Bien qu'ayant pris ses distances avec le PC depuis
le pacte germano-soviétique ». Toutefois, « l’affaire
de l’arrestation de Péri » prit une tournure plus
polémique après-guerre, Pierre Teruel-Mania accusant
Jacques Duclos d’avoir livré Péri à la
police. Duclos s’en est fortement défendu dans ses Mémoires.
L’historien du communisme Stéphane Courtois ajoute dans
sa thèse sur le PCF dans la guerre : « il est un fait
que l’arrestation conjointe de Péri et de Jean Catelas,
privait la tendance « nationaliste » de son porte-parole
en la personne de Péri et faisait disparaître un témoin
très au courant des tractations de juin 1940 entre le Parti
et les Allemands en la personne de Catelas. Il est vrai qu’elle
privait le Parti de deux cadres de très grande valeur. Mais
ce n’aurait pas été la première fois […]
qu’un Parti communiste aurait sacrifié pour les besoins
de la dite « cause » des responsables trop brillants,
trop indépendants ou trop compromis. […] Or, il semble
avéré que Péri et Catelas sont « tombés
» sur dénonciation d’un adjoint de Tréand
[…] lequel n’aurait jamais eu à subir les foudres
vengeresses du Parti ce qui paraît très surprenant pour
une pareille faute ou trahison (sauf s’il était en «
service commandé ») ». Il est encore difficile
aujourd’hui de savoir si le fameux Armand a agi seul ou sur
ordre mais il apparaît, par contre, plus certain que de lourdes
fautes dans les mesures de sécurité ont été
commises et que Péri en est la principale victime.
Condamné par défaut « à cinq ans de prison,
5 000 francs d'amende et cinq ans de privation de droits civiques
» par le IIIe tribunal militaire de Paris, le 3 avril 1940,
« pour avoir participé à la constitution du Groupe
ouvrier et paysan Français et avoir propagé des mots
d'ordre de la IIIe Internationale », Péri est interné
à la prison de la Santé.
Il semble qu’un certain nombre de tentatives émanant
du gouvernement de Vichy et des milieux collaborationnistes aient
tenté de soustraire Péri aux autorités allemandes
mais sous certaines conditions. Pierre Pucheu, le ministre de l’Intérieur,
aurait proposé à Péri de l’aider en échange
du désaveu des actes terroristes menés par le PCF clandestin.
L’avocat de Péri, Me Berthon, aurait fait connaître
cette requête à l’intéressé. Péri,
aux dires de Berthon, aurait été favorable à
cette requête tout en demandant à réfléchir
avant de se prononcer. Il est de fait que ces démarches n’ont
pas abouti alors qu’au même moment, en octobre 1941, le
leader historique du PCF, Marcel Cachin, arrêté par la
Gestapo, recevait l’autorisation de la direction de signer une
longue déclaration où il rappelait son combat pour l’amitié
franco-allemande et où il condamnait les attentats communistes
contre les occupants.
Quelles que soient les responsabilités de la direction du PCF
et les tentatives du ministre de Vichy, Péri est transféré
à la prison du Cherche-Midi, placée sous contrôle
allemand. Considéré comme otage par les Allemands qui
entendent répondre aux attentats individuels que mène
le PCF depuis l’entrée en guerre de l'URSS, Péri
fait donc partie des 92 otages fusillés le 15 décembre
1941 au Mont-Valérien. (sources wikipedia) |
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